Le cash back, un nouveau service de paiement en France

Il débarque en France, il va bouleverser nos habitudes de consommation, il répond à vrai un besoin : le cash back ! Ce système permet de retirer des espèces chez un commerçant lorsqu’on paie avec sa carte bancaire.

Le «cash back» bientôt en France

Cash backLe «cash back» est une pratique qui figure dans la directive européenne sur les services de paiement (DSP2) définitivement ratifiée par le Parlement le 25 juillet 2018. La mesure prendra effet à partir de 2019, sur la base du volontariat des commerçants. A partir de là, il sera donc possible de retirer de l’argent liquide chez son commerçant et dans les grandes surfaces. Si c’est une révolution en France, la pratique est courante chez certains de nos voisins européens comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou en la Belgique. Par exemple, en Belgique, de 5 à 6 % des transactions par carte font l’objet d’une demande de cash back.

Le cash back, Comment ça fonctionne ?

Cette nouvelle pratique permet à un client de payer un produit plus cher que sa valeur afin de récupérer le surplus sous forme d’espèces. Le cash back est donc un retour d’argent.

Par exemple, vous faites vos courses dans une épicerie pour un montant de 40 euros, vous pourrez payer 50 euros en carte bancaire et récupérer les 10 euros restants en liquide.

Le cash back : les commerçants se substituent aux banques

Selon la Banque centrale européenne, cette solution représente 2 % des montants en argent liquide retirés en Europe, et la somme moyenne de cash back est de 15 euros. Concrètement, quels sont les apports ?

  1. Cela permet de pallier aux fermetures de Distributeurs Automatiques de Billets, (DAB). En effet depuis 10 ans, essentiellement dans les zones rurales, les agences bancaires se raréfient et suppriment leurs distributeurs de billets. Les commerces de proximité feront office de « réserve » de liquide
  2. En Allemagne, cette pratique s’est développée sur le réseau des stations-service, notamment pour des raisons de sécurité : distribuer régulièrement de l’argent liquide leur permet d’avoir moins de cash en caisse
  3. La fin du monopole des banques : si les commerçants pourront donc délivrer des espèces à leurs clients, « C’est la fin d’un monopole des banques », précise Serge Maitre, président de l’association française des usagers des banques.

Le cash back, le décret d’application avec encore quelques réglages

Le décret d’application de cette loi est attendu pour octobre avec quelques interrogations en suspens:

  • quel montant minimal d’achat permettra de retirer des espèces ?
  • quel montant maximal pourra être retiré ? Une fourchette de 80 à 150 euros a été évoquée lors des débats au Sénat.
  • une question technique: l’opération de cash back sera-t-elle traitée au niveau de la caisse du commerçant ou au niveau monétique ? « Dans ce dernier cas, il sera nécessaire de modifier le logiciel des terminaux de paiement et le back-office des banques, ce qui prendra plusieurs mois », confie Nicolas Brand, directeur du marketing du groupe Ingenico.
  • Les commerçants seront-ils rémunérés pour ce service ? La loi ne précise rien à ce propos ; à chaque commerçant de décider s’il le facture ou pas. Dans les pays européens qui pratiquent le cash back, la norme est de ne pas le facturer.

Seuls les commerçants qui le souhaitent pratiqueront le cash back, il n’y aura pas d’obligation.

Vers une société sans cash en 2022 ?

Paiement mobile, paiement sans contact et lutte contre la fraude fiscale avec une société “zéro cash”…la pratique du cash back semble être à l’opposé de la tendance actuelle. Contrairement à une idée répandue, l’utilisation de l’argent liquide ne diminue pas en France », explique-t-on à Bercy. En effet, l’argent liquide est encore utilisé dans 55 % des transactions et il représente entre 5 et 15 % des volumes. Le déploiement des paiements dématérialisés se fait surtout au détriment des chèques. Le cash back a donc de belles perspectives de développement en attendant le 0% de transactions en espèces !

Allo TPE